Santé & sécurité

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Messagerie électronique : vers un droit à la déconnexion

Publié le par dans Risques psychosociaux.

Avec le développement des smartphones et des tablettes, mails et SMS ont fait entrer le travail dans un monde d’instantanéité. Ce phénomène d’hyper-connexion a dilué la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle. Intrusive et obsédante, la messagerie est aujourd’hui reconnue comme un facteur de stress. Mais déjà, la résistance s’organise avec le développement des pauses numériques.

Le stress professionnel intervient chez un salarié lorsqu’il y a un déséquilibre entre les contraintes imposées par son environnement et ses propres ressources pour y faire face.

Les principaux facteurs de stress liés à l’usage de la messagerie sont :

  • la surcharge d’informations, due notamment à la ventilation multidestinataires « pour info » ;
  • l’interruption du travail par les alertes mail, obligeant à un zapping des tâches et une vigilance permanente pour faire face à un apport continue de demandes ;
  • enfin, l’intrusion du travail à la maison qui grève dangereusement le temps de récupération des actifs.

Les effets sur la santé sont multiples : difficultés de concentration, anxiété, dépression, TMS et même maladies coronariennes.

La prévention s’impose

Prenant conscience de cette situation, certaines entreprises publient des guides de bonnes pratiques pour réguler l’utilisation de leur messagerie électronique.

Les règles d’utilisation portent essentiellement sur la forme du message (formules de politesse, ton, objet explicite), les destinataires (nombre, mode de réponse, indicateur d’urgence), et la gestion du message (délai, temps de réponse).

Dispositifs incitatifs, ils sont diversement appliqués et généralement de peu d’efficacité. En effet, le bon usage de la messagerie ne dépend pas de la volonté des salariés mais résulte de l’organisation générale du travail dans l’entreprise. C’est pourquoi, l’INRS recommande « aux instances représentatives du personnel (CE, CHSCT), aux services de santé au travail d’amener les directions, les entreprises mais aussi les salariés à se concerter sur cette problématique, ce qui implique de repenser collectivement et globalement toute l’organisation du travail. »

Le développement des pauses numériques et l’enquête DEVOTIC

Outre le stress et l’altération de la santé, l’usage des messageries et autres technologies de l’information et de la communication (TI) suscite l’inquiétude d’être surveillé ou géolocalisé.

Malgré cela, leur pouvoir d’attraction se transforme souvent en une véritable addiction. Les salariés sont donc de plus en plus nombreux, à l’initiative de leur entreprise ou individuellement, à pratiquer la déconnexion sur certains laps de temps.

Face à la montée de ce phénomène, une enquête appelée DECOTIC (Déconnexion Volontaire des TIC) a été conduite durant 4 années par 5 laboratoires de recherche pour analyser cette nouvelle pratique sociologique. L’enquête a mis en évidence, que malgré une envie croissante de déconnexion totale sur un ou plusieurs jours, ce sont les petites déconnexions « détox » qui l’emportent : mettre son portable en silencieux durant la nuit, laisser son ordinateur portable au bureau, ne pas consulter ses mails durant le week-end, ne pas prendre son téléphone pour la pause-café.

L’enquête démontre aussi qu’un tiers des cadres estime ne pas avoir de droit à la déconnexion et 83 % que les TIC accroissent leur volume de travail. Une situation qu’il devient urgent de traiter.

Pour améliorer les conditions de travail sur ordinateur, les Editions Tissot vous conseillent leur « Formation prévenir les risques liés au travail sur écran ». 

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