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Prévention des allergies professionnelles : l’INRS publie deux dépliants à destination des entreprises

Publié le 12/07/2022 à 06:36 dans Risques professionnels.

Temps de lecture : 3 min

L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a récemment publié deux nouveaux dépliants dédiés à la prévention des allergies professionnelles. Souvent méconnues ou sous-déclarées, elles figurent pourtant parmi les maladies professionnelles les plus fréquentes.

Allergies professionnelles : une réalité insidieuse

L’allergie peut être définie comme une hypersensibilité de l’organisme à certaines substances généralement inoffensives et présentes dans l’environnement. On distingue les allergies cutanées (eczéma, urticaire) et respiratoires (rhinite, asthme, pneumopathie).

Ces allergies peuvent avoir une origine professionnelle. Certains corps de métiers tels que la boulangerie, la coiffure, le BTP ou encore le secteur du nettoyage sont particulièrement exposés. Les allergies professionnelles touchent généralement des personnes jeunes travaillant dans des TPE/PME.

Les allergies professionnelles sont loin d’être anodines et entraînent des conséquences socio-économiques lourdes. En effet, elles nécessitent le plus souvent un aménagement de poste, un reclassement voire une réorientation professionnelle lorsque le reclassement dans le même secteur d’activité n’est pas possible pour la personne concernée.

Depuis plusieurs années, les molécules allergènes se sont considérablement accrues et modifiées. Les chiffres relatifs à la fréquence des allergies professionnelles sont par ailleurs sûrement sous-estimés en raison d’une sous-déclaration par les salariés qui craignent de perdre leur emploi ou de devoir se reconvertir.

Allergies professionnelles : l’importance de la prévention

Le premier dépliant de l’INRS s’adresse aux entreprises tous secteurs d’activité confondus et vise à les sensibiliser à rechercher systématiquement, lors de l’évaluation des risques, les expositions potentielles à des agents sensibilisants ou allergènes.

L’Institut rappelle les principes généraux de prévention à mettre en place par ordre de priorité :

  1. la suppression ou la substitution des agents sensibilisants lorsque cela est techniquement possible ;
  2. lorsque cela est impossible : l’adaptation des méthodes de travail afin de limiter au maximum les expositions. Par exemple, en recourant à l’automatisation de l’application des produits, le confinement des procédés ou en évitant la pulvérisation ;
  3. la mise en place de moyens de protection collective. Par exemple : une aspiration localisée aux postes exposants ;
  4. un nettoyage régulier des locaux et des postes de travail ;
  5. le recours à des équipements de protection individuelle (EPI) tels que gants et vêtements de protection, appareils de protection respiratoire, etc.

Concernant le repérage des produits, l’INRS précise que l’étiquetage peut parfois permettre de repérer les agents sensibilisants par des pictogrammes et mentions de danger. Toutefois, tous les produits chimiques contenant des agents sensibilisants ne sont pas étiquetés. Par ailleurs, toutes les expositions à des protéines végétales ou animales doivent être considérées à risque étant donné qu’elles ne font pas l’objet d’étiquetage.

Le deuxième dépliant concerne la prévention plus spécifique de l’eczéma des mains et liste les bonnes pratiques à adopter lors du lavage des mains et lors du port des gants. Il s’adresse particulièrement :

  • aux salariés travaillant en milieu humide ;
  • aux travailleurs manipulant des produits irritants ou sensibilisants.

Les Editions Tissot vous proposent des fiches prêtes à l’emploi pour animer un ¼ d’heure sécurité en entreprise notamment la fiche « Mon Gant me protège-t-il ? ».


Prévenir les allergies professionnelles, ED 6469, INRS, mai 2022
Prendre soin de ses mains au travail pour prévenir l’eczéma, ED 6470, INRS, avril 2022

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Clara Godin

Juriste, rédactrice en droit de l’environnement et santé-sécurité au travail

Titulaire du Master 2 en droit de l’environnement de l’Université Paris-Saclay, j’ai d’abord exercé en bureau d’études en tant que juriste consultante hygiène-sécurité-environnement (HSE). J’exerce...