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Prévention des AVC : quel est le rôle de l’employeur ?

Publié le 21/06/2022 à 07:43 dans Risques professionnels.

Temps de lecture : 4 min

Avec le vieillissement de la population active, l’allongement des durées de carrière et l’augmentation des activités sédentaires, les entreprises doivent se préoccuper de la santé des salariés de façon globale. Notamment, les conséquences d’un accident vasculaire cérébral sont préoccupantes pour les salariés et l’employeur. Comment prévenir et agir ?

L’AVC : des conséquences lourdes

Dans la moitié des cas, l’accident vasculaire cérébral, ou AVC, entraîne des séquelles invalidantes pour la personne et pénalisantes pour l’employeur : paralysie partielle, troubles de la parole ou de la compréhension, troubles cognitifs ou visuels, etc.

Prévenir leur survenue répond à un triple enjeu :

  • de santé au travail ;
  • de maintien des ressources et compétences ;
  • de performance des entreprises.

La prévention des AVC s’inscrit ainsi dans la lignée du plan santé au travail, qui inclut le rôle de l'employeur dans la prise en compte de la santé globale de ses salariés.

Le saviez-vous ?
Plusieurs facteurs de risque d’AVC sont liés aux risques psychosociaux, qui relèvent de l’obligation de prévention en santé au travail de l’employeur.

AVC : réduire le stress et surveiller la durée du travail

Selon une étude chinoise publiée en 2015, les salariés ayant un emploi stressant ont un surrisque de 22 % de faire un AVC. L’une des hypothèses est que les risques psychosociaux peuvent augmenter la probabilité de fumer ou de boire de l’alcool, d’avoir une alimentation déséquilibrée ou de faire moins d’activité physique.

L’évaluation et la prévention des risques psychosociaux contribuent donc à limiter le risque d’AVC.

Par ailleurs, une étude française de 2019 établit que travailler plus de 10 heures par jour au moins 50 fois par an augmente de 29 % le risque d’AVC, voire de 45 % pour les salariés qui tiennent ce rythme depuis plus de 10 ans. Trop travailler pourrait exposer au risque de négliger les facteurs protecteurs, tels qu’une activité physique régulière, une alimentation saine, un sommeil suffisant et des temps de ressourcement.

En veillant à une durée raisonnable de travail, y compris pour les cadres au forfait, vous aidez ainsi les salariés à mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle et à prendre soin de leur santé.

Risque d’AVC : sensibiliser les salariés

Avec l’accroissement du télétravail, la lutte contre la sédentarité fait partie des nouveaux défis de prévention pour les entreprises.

Vous pouvez inciter les salariés à bouger régulièrement, les inviter à utiliser les escaliers plutôt que l’ascenseur, voire promouvoir la pratique des activités physiques.

Notez le

Depuis la loi santé du 2 août 2021, les services de prévention et de santé au travail ont parmi leurs missions la participation « à des actions de promotion de la santé sur le lieu de travail dont des actions de sensibilisation aux bénéfices de la pratique sportive ».

La visite de mi-carrière organisée avec les services de prévention et de santé au travail est par ailleurs une opportunité de sensibiliser les salariés de 45 ans à la prévention et au dépistage.

La prévention des conduites addictives constitue un autre champ d’intervention de l’entreprise contribuant à la réduction du risque d’AVC.

Enfin, vous pouvez organiser des sensibilisations sur l’alimentation ou le sommeil.

Prendre en charge les salariés victimes d’AVC

Plus la prise en charge d’une victime d’AVC est tardive, plus les séquelles sont invalidantes. Dans vos prérogatives d’organisation des secours et au-delà de l’action des sauveteurs-secouristes du travail, vous pouvez sensibiliser chaque salarié à la détection des premiers signes d’AVC et aux réflexes à avoir.

En outre, pensez à garder le lien avec les salariés qui ont vécu un AVC pour anticiper au mieux leur reprise. Rappelez-leur la possibilité d’organiser une visite de pré-reprise après un arrêt de plus de 30 jours.

À leur retour :

  • soyez vigilants sur la mise en place des éventuels aménagements de poste ;
  • identifiez les causes de stress pour minimiser le risque de rechute.

Pour sensibiliser les salariés au risque d’AVC et les informer de la conduite à tenir s’ils en sont victimes ou témoins, les Editions Tissot vous proposent leur nouveau « Dépliant L’accident vasculaire cérébral ».

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Michaël Bouvard

Chargé de mission qualité de vie au travail

Chargé de mission qualité de vie au travail, j'oeuvre sur différents sujets relevant de ce domaine : prévention et évaluation des risques psychosociaux, prise en compte de la qualité de vie au...