Santé & sécurité

Vaccination obligatoire : où en est-on ?

Publié le par dans Obligations de l’employeur.

La vaccination contre le Covid-19 est devenue obligatoire pour certaines professions au 9 août 2021. Différentes périodes sont toutefois à distinguer.

Vaccination obligatoire : pour qui ?

La loi a imposé la vaccination pour les salariés qui exercent dans les établissements soumis à l’obligation vaccinale ou dont la profession est soumise à l’obligation vaccinale (personnels soignants ou travaillant avec des personnes vulnérables). La liste précise des secteurs et professions concernés vous est détaillée dans notre article « Covid-19 : la vaccination obligatoire ».

Les salariés des entreprises extérieures intervenant ponctuellement, c’est-à-dire de manière non récurrente pour des tâches de très courte durée (par exemple l’intervention d’une entreprise de livraison ou une réparation urgente) ne sont pas soumis à l’obligation vaccinale.

Le ministère du Travail a donné deux exemples de tâches qui ne peuvent pas être considérées comme ponctuelles :

  • la réalisation de travaux lourds dans l’entreprise (rénovation d’un bâtiment) ;
  • ou l’intervention des services de nettoyage du fait de leur caractère récurrent.

Concernant les intérimaires, l’entreprise de travail temporaire doit s’engager à mettre à disposition auprès de l’entreprise utilisatrice un salarié temporaire répondant à l’obligation légale de vaccination. Si le salarié intérimaire ne justifie pas de sa vaccination, le contrat de mission peut être suspendu.

Le ministère des Solidarités et de la Santé a précisé que les stagiaires effectuant un stage dans un établissement soumis à l'obligation vaccinale sont également concernés.

Vaccination obligatoire : pour quand ?

La vaccination est devenue obligatoire pour certaines professions au 9 août 2021 sauf contre-indication médicale ou présentation d’un certificat de rétablissement.

Notez-le
Un décret du 7 août liste les cas de contre-indications (contre-indications inscrites dans le résumé des caractéristiques du produit, syndrome inflammatoire multi systémique pédiatrique, survenue d'un effet indésirable d'intensité sévère ou grave attribué à la première dose de vaccin signalé au système de pharmacovigilance, etc.).

Mais des aménagements sont prévus jusqu’au 15 octobre 2021 pour ceux qui ne peuvent présenter ni justificatif de statut vaccinal ni certificat de rétablissement. On distingue ainsi 3 périodes :

  • jusqu’au 14 septembre inclus : possibilité de continuer à travailler en présentant le résultat négatif d’un test virologique de moins de 72 heures (RT-PCR, test antigénique ou autotest supervisé par un professionnel de santé) ;
  • entre le 15 septembre et le 15 octobre inclus : possibilité de continuer à travailler en présentant le résultat négatif d’un test virologique mais aussi à condition qu’une première dose du vaccin ait été administrée ;
  • à partir du 16 octobre 2021 : nécessité de présenter un schéma vaccinal complet pour continuer à travailler (ou ne pas y être soumis en raison de contre-indication médicale ou d’un rétablissement après une contamination).

Vaccination obligatoire : quel contrôle et quelle suite ?

L’employeur doit contrôler le respect de l’obligation de vaccination des personnes sous sa responsabilité en demandant les documents nécessaires : justificatif de statut vaccinal, certificat de rétablissement ou certificat médical de contre-indication. S'agissant d’un certificat de rétablissement ou de contre-indication, les salariés peuvent le transmettre au médecin du travail qui doit alors informer l’employeur sans délai que l’obligation vaccinale est bien remplie et s’il y a un délai à la validité du certificat transmis.

Le ministère des Solidarités et de la Santé a précisé que le contrôle s'effectue nécessairement lors des 7 jours de la semaine. Il intervient au moment de la prise de poste ou lorsque le travailleur revient d'un arrêt ou d'une absence.

Lorsqu’un travailleur n’a pas les justificatifs nécessaires, l’employeur doit l’informer sans délai des conséquences et des moyens de régulariser sa situation.

Notez-le
Le ministère du Travail précise que c’est le responsable de l’établissement qui procède aux contrôles des justificatifs requis pour y accéder.

Le protocole national sanitaire invite les employeurs à porter une attention particulière aux salariés chargés de vérifier le respect de l’obligation vaccinale en adaptant en tant que de besoin l’évaluation des risques aux difficultés spécifiques liées à cette activité.

Le salarié qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l’accord de l’employeur, des jours de repos conventionnels ou des jours de congés payés. A défaut, son contrat de travail est suspendu. L’employeur ne peut pas imposer des jours de congé au salarié seulement lui proposer d’en prendre.

Bien qu’aucun entretien ne soit imposé durant la suspension du contrat concernant la vaccination obligatoire (à l’inverse du pass sanitaire où un entretien est déclenché au bout de 3 jours), le ministère du Travail encourage à instaurer un dialogue pour évoquer les moyens de régulariser la situation et retracer par écrit les échanges et éventuelles décisions arrêtés.

Parmi les moyens de régularisation, le ministère du Travail précise que l’employeur peut proposer au salarié d’être affecté à un autre poste ou de travailler à distance lorsque cela est possible. Si cela emporte modification de son contrat de travail (changement de qualification, baisse de rémunération…) le salarié devra l’accepter et signer un avenant à son contrat. Dans la situation actuelle, le télétravail peut être imposé au salarié.

Attention, bien que le ministère du Travail présente le télétravail comme une alternative pour les personnes qui refusent la vaccination, le ministère des Solidarités et de la Santé précise au contraire qu'il n'y a pas de distinction pour les personnes en télétravail et que l'obligation vaccinale leur est applicable. En attendant une position uniformisée, il convient donc d'être prudent sur le sujet...

Si le contrat de travail du salarié est suspendu, la durée de la suspension du contrat de travail n’est pas assimilable à une période de travail effectif.

Important
Si l’employeur ne respecte pas son obligation de contrôler le respect de l’obligation vaccinale, il risque l’amende prévue pour les contraventions de 5e classe (1500 euros) ou une procédure d’amende forfaitaire. Si une telle violation est verbalisée à plus de 3 reprises dans un délai de 30 jours, les faits sont punis d’un an d’emprisonnement et de 9000 euros d’amende.


Questions-réponses du ministère du Travail du 9 août 2021 Obligation de vaccination ou de détenir un pass sanitaire pour certaines professions, mis à jour le 18 août 2021
Question-réponses du ministère des Solidarités et de la Santé du 18 août 2021, mis à jour le 19 août L'obligation vaccinale
Décret n° 2021-1059 du 7 août 2021 modifiant le décret n° 2021-699 du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire
Décret n° 2021-1056 du 7 août 2021 pris pour l'application des articles 1er et 16 de la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire
Loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire, Jo du 6