Santé & sécurité

Vos salariés sont-ils exposés à des perturbateurs endocriniens ?

Publié le par dans Risques professionnels.

Problèmes de fertilité, cancer, diabète. En dépit de leurs risques pour la santé, les perturbateurs endocriniens sont largement utilisés. L’ANSES développe une méthode pour mieux les identifier. Pour faciliter le travail de prévention, découvrez-en plus sur les situations de travail les plus exposées et sur quelques substances sous surveillance.

Des perturbateurs endocriniens cancérigènes

Les perturbateurs endocriniens interfèrent avec le fonctionnement hormonal et entraînent des effets nocifs pour la santé.

Ces conséquences sont variées :

  • prématurité ;
  • troubles du comportement ;
  • diabète de type 2 ;
  • baisse de la testostérone ;
  • endométriose ;
  • cancers du sein, de l’utérus, des ovaires, des testicules ou de la prostate ;
  • etc.
Important
En application des principes généraux de prévention (Code du travail, art. L. 4121-1 et L. 4121-2), les entreprises doivent prévenir l’exposition aux perturbateurs endocriniens (voir notre article « Perturbateurs endocriniens : décryptage »).
Les principales actions sont :
- substitution de la substance quand cela est possible ;
- priorité de la protection collective sur la protection individuelle ;
- suivi de l’état de santé des salariés exposés.

Quelles situations de travail sont les plus exposées ?

Un large panel d’activités professionnelles sont susceptibles d’exposer les salariés à un perturbateur endocrinien :

  • la distribution de carburants contenant du MBTE, qui peut occasionner une baisse de la fertilité ;
  • l’épandage de produits phytosanitaires, tels les fongicides contenant de l’époxiconazole, reprotoxique supposé ;
  • la manipulation des tickets de caisse contenant du bisphénol ;
  • la fabrication de matières plastiques souples, par exemple avec l’utilisation du résorcinol ;
  • le nettoyage avec des désinfectants biocides, dont l’acide borique ;
  • l’utilisation de produits contenant des solvants (peintures, colles, vernis) ;
  • la fabrication de cosmétiques ou de parfums, notamment avec du salicylate de méthyle ;
  • le démantèlement d’anciens transformateurs qui peut exposer au PCB ;
  • etc.

Si votre entreprise est concernée, la plupart de ces situations devrait déjà être sous surveillance en suivant les règles applicables aux produits cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques (Code du travail, art. R. 4412-59 à R. 4412-93).

Comment identifier un perturbateur endocrinien ?

Des centaines de substances sont potentiellement concernées. L’ANSES a établi une première liste de 906 substances à étudier. Pour accélérer l’identification des perturbateurs endocriniens, cette agence a établi un mécanisme de priorisation. Ainsi, 16 substances prioritaires ont été retenues pour faire l’objet d’une évaluation approfondie en vue de déterminer s’il s’agit de perturbateurs endocriniens.

Parmi celles-ci, il est possible de citer :

  • l’éthylbenzène. Utilisé comme solvant dans les peintures ou dans l’industrie pétrochimique, il peut présenter des effets nocifs sur le système nerveux, un risque de déficit auditif et est classé cancérigène possible ;
  • le bore. Ses composés sont très utilisés dans l’industrie. Pourtant, il semble présenter une toxicité testiculaire et un risque d’inhibition du développement fœtal ;
  • le nitrite de sodium, notamment utilisé dans la synthèse des teintures et le traitement des métaux ;
  • le chlorure de zinc, utilisé dans l’industrie textile.

Le saviez-vous ?
Le perchloroéthylène, solvant utilisé pour le nettoyage à sec des tissus et pour dégraisser les métaux, est classé cancérogène probable et peut causer des troubles neurologiques, rénaux et hépatiques. En France, plus de 15 000 salariés y seraient exposés. Son utilisation reste autorisée mais est restreinte. Les alternatives sont notamment le nettoyage au mouillé ou l’utilisation de siloxanes.
Le perchloroéthylène figure dans la liste des 16 substances prioritaires établie par l’ANSES.

Dans le doute, pour en savoir davantage sur la probabilité qu’une substance que vous utilisez soit un perturbateur endocrinien, il est recommandé de demander conseil à votre médecin du travail.


www.anses.fr