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Si le salarié exerce son droit de retrait, son salaire est-il maintenu ?

L'exercice du droit de retrait, s'il est légitime (le salarié a un motif raisonnable) ne peut pas entraîner de retenue de salaire. Le salarié percevra donc la totalité de son salaire pendant toute la durée de l'exercice de son droit de retrait, comme s'il avait continué à travailler. En outre, il ne lui sera pas appliqué de sanction disciplinaire du fait de cette décision. Le salarié qui analyse mal la situation de danger ne commet pas pour autant une faute pouvant entraîner une sanction, s'il pouvait raisonnablement croire qu'il y avait danger.

Si l'employeur le licencie alors que l'exercice du droit de retrait était permis, le licenciement est déclaré nul et le salarié devra être réintégré dans ses fonctions.

Dans une affaire datant du 9 mai 2012, n° 10-27.115, des salariés invoquaient l'exercice de leur droit de retrait dans le cadre d'un mouvement de grève. Ils estimaient que l'employeur devait payer leurs salaires pendant ces périodes de suspension du contrat de travail. Les juges ont décidé que les salariés n'étaient pas en présence d'un danger grave et imminent justifiant l'exercice du droit de retrait, en conséquence l'employeur n'avait pas à payer les jours de grève.

Attention, cependant, le droit de retrait ne peut s'exercer que pendant l'exécution du contrat de travail. Ainsi lorsqu'il est suspendu pour cause de maladie, il ne peut être exercé (Cass. soc., 9 octobre 2013, n° 12-22.288).

De même, le droit de retrait n'est pas admis en cas de risque persistant ou de danger potentiel, ou encore lorsque la situation de danger a cessé.

Des salariés contrôleurs de train exercent leur droit de retrait en raison d'agressions intervenues. L'agresseur ayant été arrêté, ils ne peuvent maintenir leur retrait au motif d'un risque potentiel d'agression : la retenue sur salaire est donc justifiée.

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