L'obligation de proposer le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) - Editions Tissot
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Gérer le personnelRéférence : GLP.07.3.070

L'obligation de proposer le contrat de sécurisation professionnelle (CSP)

Le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) permet au salarié licencié pour motif économique de bénéficier pendant 12 mois maximum d'une allocation chômage majorée – l'allocation de sécurisation professionnelle (ASP) – et de mesures permettant son reclassement accéléré. Cette mesure doit obligatoirement être proposée au salarié.

Ce dispositif a été prolongé à plusieurs reprises.

La convention en vigueur du 1er février 2015 a repris les dispositions précédemment applicables mais a diminué l'indemnisation du salarié. Elle a été prolongée jusqu'au 30 juin 2021. Elle fait l'objet d'une nouvelle prolongation jusqu'au 31 décembre 2022, sous réserve d'agrément par l'État.

Quelles démarches devez-vous accomplir ? Quand proposer le contrat de sécurisation professionnelle aux salariés concernés ? Quels sont les délais à respecter ? Comment s'articule le CSP avec la procédure de licenciement ?

Dans cette page

La bonne méthode

Etape  1 -  Prendre connaissance du dispositif

Allocation versée pendant le CSP

Le CSP permet au salarié licencié pour motif économique de bénéficier pendant en principe 12 mois d'une allocation chômage majorée (l'allocation de sécurisation professionnelle - ASP) et de mesures permettant son reclassement accéléré telles que :

  • un entretien de prébilan ;
  • un plan de sécurisation professionnelle ;
  • un bilan de compétence ;
  • des actions de validation des acquis de l'expérience ;
  • une aide à la création d'entreprise et une évaluation du projet ;
  • des actions de formation correspondant aux besoins de l'économie à court ou moyen terme ;
  • des accompagnements dans la recherche d'emploi ;
  • un suivi individuel ;
  • des actions de soutien psychologique.

Formation

La convention relative au CSP renforce garantit l'accès à la formation et à l'orientation vers les formations éligibles au compte personnel de formation (CPF) si elles correspondent à son projet professionnel.

Reprise d'activité

La convention assure deux aides à la reprise d'activité, non cumulables :

  • une prime au reclassement : si le bénéficiaire reprend un emploi d'au moins 6 mois avant la fin du 10e mois de CSP (contrat d'intérim, CDD, CDI), il peut demander une prime, égale à 50 % de ses droits restants à l'ASP ;
  • une indemnité différentielle de reclassement : en cas de reprise avant la fin du CSP d'un emploi moins rémunéré que le précédent, une indemnité peut être versée pour compenser cette baisse, quel que soit son montant. Cette aide, versée pendant au maximum 12 mois, est plafonnée à 50 % des droits restants à l'ASP.

Durée du CSP

La durée de 12 mois du CSP peut être prolongée en cas :

  • de reprise d'activité rémunérée à partir du 7e mois du CSP (dans la limite de 3 mois supplémentaires) ;
  • d'arrêt maladie, dans la limite de 4 mois supplémentaires, et de congé de maternité ayant donné lieu à la suspension du CSP, dans la limite de la durée légale du congé de maternité (pour les procédures ouvertes depuis le 1er juillet 2019) ;
  • de congé paternité, d'adoption ou de proche aidant, depuis le 1er juillet 2021 (sous réserve d'agrément de l'accord de prolongation).

Si, au terme du CSP, le salarié licencié est toujours à la recherche d'un emploi et inscrit comme demandeur d'emploi, il peut bénéficier de l'ARE, sans différé d'indemnisation ni délai d'attente, soit au titre d'une reprise de droits, soit au titre du droit auquel il aurait pu prétendre s'il n'avait pas accepté le CSP.

Etape  2 -  Vérifier si vous êtes concerné par le CSP

Si votre entreprise occupe moins de 1000 salariés et n'appartient pas à un groupe français ou européen d'au moins 1000 salariés, vous devez proposer un CSP à chaque salarié dont vous envisagez le licenciement pour motif économique.

Cette obligation vaut également si votre entreprise est en redressement ou en liquidation judiciaire ou en cessation d'activité (départ à la retraite).

Les entreprises qui ne sont pas concernées par le CSP (entreprises d'au moins 1000 salariés ou appartenant à un groupe français ou européen d'au moins 1000 salariés) doivent proposer une autre mesure à leurs salariés licenciés pour motif économique : le congé de reclassement.

Attention

L'obligation de proposer le CSP ne se limite pas au seul licenciement, mais recouvre toutes les ruptures du contrat de travail pour motif économique telles que les départs volontaires.

Ces mêmes entreprises (moins de 1000 salariés) peuvent conclure avec l'État des conventions de coopération pour la mise en oeuvre de cellules d'accompagnement à la recherche d'emploi des salariés licenciés ou menacés. Elles bénéficient alors d'une participation de l'État au financement de ces cellules.

Etape  3 -  Demander le dossier de CSP à Pôle emploi

Si votre entreprise relève du champ d'application du CSP, vous devez le proposer à tous les salariés dont vous envisagez le licenciement économique et c'est Pôle emploi qui vérifiera si le salarié remplit les conditions pour en bénéficier, à savoir :

  • être totalement privé d'emploi ;
  • pouvoir prétendre à l'allocation chômage.

Attention

Le versement de l'ASP, par Pôle emploi, est réservé aux salariés justifiant d'au moins 1 année d'ancienneté dans l'entreprise. L'ASP est égale à 75 % de leur ancien salaire brut.

Ceux qui, au moment de leur licenciement, justifient de moins de 1 an d'ancienneté dans l'entreprise perçoivent une allocation du même montant que l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE).

Vous devez faire une demande de dossier auprès du Pôle emploi où est affiliée votre entreprise en précisant votre effectif et le nombre de licenciements pour motif économique projeté.

Vous pouvez enfin vous rendre sur le site Internet www.pole-emploi.fr, espace « déclarations et cotisations », pour télécharger et imprimer le dossier.

Tous les éléments nécessaires vous sont fournis par Pôle emploi :

  • pour l'employeur :
    • un document d'information sur le CSP,
    • une attestation et sa notice ;
  • pour le salarié :
    • un document d'information sur le CSP,
    • un formulaire de demande d'allocation spécifique de valorisation/reclassement,
    • un récépissé de présentation du CSP et un bulletin d'acceptation.

Etape  4 -  Proposer le CSP au salarié

Quand ?

Le CSP doit être proposé au cours de l'entretien préalable au licenciement.

Si votre procédure ne nécessite pas d'entretien préalable, la proposition est faite à chaque salarié à l'issue de la dernière réunion de consultation de vos représentants du personnel.

Si un PSE est mis en oeuvre, la proposition de CSP aux salariés doit être effectuée après la notification par l'autorité administrative de sa décision de validation ou d'homologation.

Comment ?

Cette proposition est individuelle et écrite. Elle consiste en la remise à chaque salarié concerné des documents suivants transmis par Pôle emploi :

  • le document d'information du salarié ;
  • le bulletin d'acceptation du CSP dans lequel vous aurez renseigné la date de remise du document d'information et la date d'expiration du délai de réflexion de 21 jours.

Lors de la remise des documents, faites remplir et signer le récépissé de présentation par l'intéressé et conservez-le. En effet, lorsque vous êtes tenu de proposer au salarié dont vous envisagez le licenciement pour motif économique le bénéfice d'un CSP, il vous appartient d'établir que vous vous êtes acquitté de cette obligation.

Il est possible d'envoyer le CSP par lettre recommandée avec accusé de réception ou, avec l'accord du salarié, par voie dématérialisée. Cela peut s'avérer utile, notamment s'il est en télétravail.

Attention

Le salarié qui accepte un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) doit être informé par écrit du motif économique de la rupture (au plus tard lors de son adhésion au CSP) : soit dans le document d'information sur le CSP, soit dans la lettre adressée à titre conservatoire, ou à défaut dans tout autre document écrit remis ou adressé au plus tard lors de l'adhésion.

Dès lors que ce salarié peut, dans un délai de 21 jours à compter de la remise du dossier CSP, notifier à tout moment son acceptation, c'est-à-dire notamment avant l'envoi de la lettre « valant licenciement » (étape 4), il est plus prudent, dans un souci de sécurité juridique, d'énoncer les motifs de la rupture en même temps que la remise de proposition de CSP, lors de l'entretien préalable ou à l'issue de la dernière réunion des représentants du personnel.

À défaut, vous devez procéder à cette énonciation le jour même de la réception de l'acceptation du salarié sous peine de voir le licenciement considéré comme sans cause réelle et sérieuse.

Quelles sont les règles de calcul du délai de réflexion ?

Le salarié dispose d'un délai de 21 jours calendaires pour accepter le CSP. L'absence de réponse à l'expiration du délai équivaut à un refus.

Ce délai court à compter du premier jour suivant la remise du document d'information et expire le dernier jour à 24 heures, sauf si le dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié. Dans ce cas, le délai de 21 jours est prorogé jusqu'au 1er jour ouvrable suivant. Le salarié accepte le CSP en vous remettant le bulletin d'acceptation dûment complété et signé avant la fin du délai.

Exemple

Si le CSP est proposé le 6 avril, le délai de réflexion de 21 jours expire donc le 27 avril à minuit.

Attention

Pour un salarié protégé, le délai de réflexion pour accepter le CSP est prolongé jusqu'au lendemain de la date de notification de l'autorisation de licenciement.

Ce délai de réflexion ne vous empêche pas de conclure une transaction avec le salarié. En effet, la transaction est valablement conclue une fois que le salarié a reçu sa lettre de licenciement, peu importe que l'effet de la rupture du contrat soit différé par la signature d'un CSP.

Au cours de ce délai de réflexion le salarié bénéficie d'un entretien d'information réalisé par le Pôle emploi de son domicile. Cet entretien est destiné non seulement à l'informer sur le CSP, mais aussi à vérifier qu'il remplit bien les conditions d'attribution.

Etape  5 -  Rappeler la date d'expiration du délai de réflexion dans la lettre de licenciement

Si vous adressez au salarié sa lettre de licenciement alors que le délai de réflexion de 21 jours pour répondre à la proposition de CSP n'est pas expiré, vous devez préciser dans le courrier :

  • la date d'expiration du délai de 21 jours ;
  • que cette lettre recommandée constituera la notification de son licenciement en cas de refus du CSP.

Cette lettre devra également comporter toutes les mentions obligatoires d'une lettre de licenciement pour motif économique : cause économique, conséquences sur l'emploi du salarié, impossibilité de reclassement, priorité de réembauche, etc.

Attention

Vous êtes tenu de respecter les délais minimums d'attente prévus pour l'envoi des lettres de licenciements en fonction du nombre de licenciements économiques envisagés.

Vous avez bien sûr toujours la possibilité d'attendre l'expiration du délai de réflexion de 21 jours pour adresser au salarié :

  • soit une lettre de licenciement si le salarié a refusé le CSP ;
  • soit une lettre confirmant la rupture du contrat de travail d'un commun accord si le salarié accepte le CSP.

Attention

L'adhésion du salarié au CSP ne vous exonère pas de votre obligation de motiver la lettre de licenciement. En revanche, si vous proposez un CSP, vous n'êtes tenu de respecter votre obligation préalable de rechercher un reclassement que jusqu'à la date à laquelle vous notifiez le licenciement à titre conservatoire.

Etape  6 -  Tirer les conséquences de la décision du salarié sur la proposition du CSP

Si le salarié accepte le CSP, son contrat de travail est réputé rompu d'un commun accord au terme du délai de 21 jours. Il n'y a donc pas de préavis et le salarié est pris en charge par Pôle emploi dès le lendemain de l'expiration du délai de réflexion.

Si vous n'avez pas encore adressé au salarié de lettre de licenciement (voir Etape 4), vous devez lui envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception lui précisant :

  • les motifs économiques à l'origine de la proposition du CSP ;
  • les raisons de l'impossibilité de reclassement ;
  • la priorité de réembauche.

Vous devez verser au salarié dès la rupture du contrat de travail dans le cadre du CSP :

  • une indemnité de licenciement ;
  • mais aucun préavis ni aucune indemnité compensatrice de préavis si le salarié a au moins 1 an d'ancienneté. En effet, ce montant, qui inclut les charges salariales et patronales est versé à Pôle emploi et correspond à la participation de l'employeur au dispositif CSP. Il ne peut pas être déduit de l'indemnité compensatrice de préavis due en cas de rupture sans cause réelle et sérieuse ; toutefois, si l'indemnité compensatrice à laquelle le salarié aurait eu droit en cas de non-adhésion au CSP est supérieure à 3 mois de salaire, la fraction excédant ce montant doit lui être versée et pourra être déduite de l'indemnité compensatrice de préavis. Dans ce cas, la fin du contrat de travail n'est pas repoussée pour autant.
Notez-le

Le droit à l'indemnité de licenciement (condition de 8 mois d'ancienneté minimale exigée pour bénéficier de l'indemnité légale de licenciement) s'apprécie à la date d'envoi de la lettre de licenciement.

En revanche, pour le calcul de l'indemnité de licenciement, il convient de se placer au jour d'expiration du préavis, qu'il soit exécuté ou non.

Lorsque le salarié adhère à un contrat de sécurisation professionnelle (CSP) suite à une procédure de licenciement économique, la rupture du contrat ouvre droit à l'indemnité de licenciement mais ne comporte pas de préavis. Son acceptation anticipée n'avance pas la date de fin de son contrat, qui reste fixée à la fin des 21 jours. Ainsi, la période de préavis non effectuée est prise en compte dans l'ancienneté pour le calcul l'indemnité de licenciement. Le droit à l'indemnité de licenciement (condition de 8 mois d'ancienneté) s'apprécie à la date d'envoi de la lettre de licenciement.

Concernant l'ancienneté permettant de déterminer le montant et la durée d'indemnisation au titre de l'allocation de sécurisation professionnelle versée par Pôle emploi, elle doit être appréciée :

  • si le délai de réflexion de 21 jours n'est pas achevé et que la lettre de licenciement a été notifiée : à la date de présentation de la lettre de licenciement ;
  • si le délai de réflexion de 21 jours est achevé et que la lettre de licenciement n'a pas été notifiée : au dernier jour du délai de réflexion.

La somme correspondant à l'indemnité compensatrice de préavis que vous devez à Pôle emploi doit être versée au plus tard le 25 du deuxième mois civil suivant le début du CSP.

L'avis de versement des sommes dues au titre du CSP est notifié à l'employeur par le Pôle emploi. Cet avis précise aussi le montant et la date de leur exigibilité.

Si le salarié refuse le CSP et si vous n'avez pas envoyé au salarié une lettre de rupture avant l'expiration du délai de réponse (reportez-vous à l' Étape 5), vous devez notifier le licenciement économique par lettre recommandée avec accusé de réception.

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Fiches associées

Textes officiels

  • C. trav., art. L. 1233-65 à L. 1233-70 (contrat de sécurisation professionnelle)
  • Cass. soc., 1er décembre 2010, n° 09-41.950 (obligation pour l'employeur de prouver qu'il a proposé le CRP)
  • Cass. soc., 31 mai 2011, n° 10-14.313 (le salarié qui adhère à une CRP peut signer une transaction avant l'expiration du délai de réflexion)
  • Cass. soc., 30 novembre 2011, n° 09-43.183 et 10-21.678 (le salarié qui adhère au CSP doit être informé par écrit qu'il bénéficie de la priorité de réembauche)
  • Cass. soc., 13 novembre 2012, n° 11-14.162 (l'employeur qui propose au salarié une CRP/un CSP n'est tenu de respecter son obligation préalable de rechercher un reclassement que jusqu'à la date à laquelle il notifie le licenciement à titre conservatoire)
  • Cass. soc., 17 mars 2015, n° 13-26.941 et 16 novembre 2016, n° 15-12.293 (le salarié qui accepte un CSP doit être informé du motif économique du licenciement. Il peut par ailleurs demander une indemnisation en cas d'irrégularité de la procédure)
  • Arrêté du 16 avril 2015 (agrément de la convention du 26 janvier 2015 relative au CSP)
  • Cass. soc., 10 mai 2016, n° 14-27.953 (en l'absence de motif économique du CSP, seules les sommes versées par l'employeur au salarié peuvent être déduites de l'indemnité de préavis due)
  • Cass. soc., 14 décembre 2016, n° 15-25.981 (la protection d'un salarié victime d'AT est appréciée à l'expiration du délai de 21 jours pour accepter le CSP)
  • Arrêté du 4 octobre 2018 (agrément de la convention du 17 juillet 2018 relative au CSP à Mayotte)
  • Avenant n° 4 du 12 juin 2019 à la convention du 26 janvier 2015 relative au CSP, agréé par arrêté du 7 novembre 2019 (prolongation du CSP jusqu'au 30 juin 2021)
  • Avenant n° 5 du 28 juin 2021 à la convention CSP du 26 janvier 2015 (prolongation du CSP jusqu'au 31 décembre 2022)